30 ans de carrière et 15 albums. Après une telle longévité, le groupe a récemment annoncé la fin de l’aventure…
L’histoire du groupe est intéressante et est parsemée d’obstacles et de paris musicaux. C’est en 1979, à Athens, Georgie que Michael Stipe (chant), Mike Mills (basse et claviers), Peter Buck (guitares et mandoline) et Bill Berry montent un groupe de rock indé. Le succès va grandissant, le groupe écumant les salles US. Cinq albums mythiques naîtront (les fameuses I.R.S years). Le groupe est totalement inconnu en Europe mais a déjà ses fans outre-atlantique et s’est forgé une réelle réputation dans le milieu underground et la presse spécialisée grâce à un style propre mêlant rock énergique et ballades planantes, façonnant bon nombre de hits (“Radio free Europe”, “Maps and legend” ou “The One I love”). Le jeu en arpège de Buck est tout de suite reconnaissable (oui, je sais, j’attire l’attention sur le gratteux du groupe, mais ça vous étonne ?)
C’est le début des années 90 qui va projeter le groupe sur la scène internationale. 1991 voit le triomphe du grunge, des gars chevelus qui hurlent en essayant de couvrir des guitares saturées (oui, je caricature ! Mais avouez qu’il y a eu tellement de mauvais groupes grunge qui ont obéi à cette définition ! Tout le monde n’est pas Nirvana !). R.E.M, fidèles à eux-mêmes, lancent sur les ondes un rock frais et bucolique : les guitares acoustiques répondent aux mandolines et les textes de l’album “Out of time” expriment une allégresse totalement éloignée des jérémiades de l’époque (ou du mouvement dance, mais ça, ce n’est pas de la musique, alors passons !). Les albums suivant feront de même, explosant le box office en niant tous les codes établis à leur sortie. La preuve avec “Monster”, album éminemment électrique en plein essor MTV Unplugged (mode qui commençait à devenir totalement ridicule, tout le monde y allant de sa petite galette acoustique, comme s’il fallait juste débrancher sa guitare pour gagner en créativité. Encore une fois, n’est pas Clapton ou Nirvana qui veut !)
Et ce fut là la force de R.E.M : passer outre les modes, s’amuser avec les codes établis, être là où on ne les attendait pas. C’est peut-être pour cela que de nombreux groupes les ont admirés et encensés : qui peut se vanter d’avoir été repris par des personnes aussi variées que Pearl Jam, U2, Nirvana, Neil Young, Coldplay, Radiohead, sans compter toutes les p’tites stars pop qui y sont allés de leur version de “Everybody hurts” ?
La route s’arrête donc. Un best of va bientôt sortir “Part lies, part heart, part truth, part garbage” (ils n’avaient pas de titre plus long !), rassemblant tubes et inédits. Et les versions 25ème anniversaire des albums I.R.S se poursuivent, apportant leur lot de “unreleased tracks”. Une page de l’histoire du rock se tourne donc.
Voici quelques morceaux indispensables pour ceux qui ne connaîtraient pas le groupe (je délaisse volontairement les plus connus).
Mon morceau favori : “Country feedback”, avec une guest-star de choix : le seul et unique “Loner” Neil Young en personne.
Un magnifique hommage posthume à Kurt Cobain et River Phoenix, disparus la même année. Pour la petite histoire, la guitare sur laquelle joue Mike Mills a appartenu à Kurt Cobain et a été donnée à Peter Buck par Courtney Love.
Et puique c’est la fin : (petit jeu : essayez de chanter en même temps que Stipe !)
Message perso : Mon Freedo, je me permets d’éditer ce petit post sur ton groupe fétiche. Tu as le droit de rectifier toutes les éventuelles erreurs.
Très bel hommage rendu à ce fabuleux groupe de rock ! J’adore R.E.M. Bon choix de morceaux, tous géniaux. On ne s’en lasse pas, quel dommage que ce soit la fin…
C’est la crise ! Déjà OASIS, maintenant REM… Enfin, cela fait partie intégrante de l’histoire du ROCK. Restera de bons souvenirs et une belle tripotée d’album dans ma CD-thèque !!!! Bon choix dans les vidéos. Merci pour ce post !
Et oui ! il y a pléthore de groupes qui se sont malheureusement séparés. Mais c’est également un beau signe de respect pour le public de savoir s’arrêter quand ils sentent que c’est la fin, plutôt que de vouloir durer envers et contre tout (et surtout contre l’inspiration). Je pense qu’un certains nombre de groupes tentent vainement d’insuffler de la vie là où il n’y en a plus (pensons aux pourtant géniaux Deep purple, Queen, … dont les derniers albums faisaient pâle figures à côté des galettes mythiques qu’ils ont pu produire).
Heureusement, comme tu le dis, il nous reste les CD et les DVD qui contiennent à jamais la preuve de leur génie.